Nos villes en 2017 : Les technologies qui comptent

Publié le 20 Janvier 2017

A défaut de prédire ce qui va nous arriver nous pouvons essayer de comprendre sur quelles articulations les luttes vont se mener, les évolutions vont se jouer. Chacun devrait avoir sa liste. Voici quelques suggestions :

  1. Connectivité – Utile pour qui veut faire mieux participer les citoyens à la gestion de la cité ou partager les bonnes pratiques mises en œuvre un peu partout, la connectivité a fait beaucoup de progrès dans le monde en 2016 avec les multiples offres de drones, de satellite, et de ballon, pour assurer l’accès à l’internet dans les endroits les plus reculés du monde. Cela peut se traduire par une meilleure bande passante (dans le Lot-et-Garonne par exemple) et/ou la multiplication des points d’accès wifi installés par les municipalités (comme à Mumbai).
  2. Internet des objets - Une accélération de la pénétration de l’Internet des Objets (IoT suivant ses initiales en anglais) est inévitable. Il s’agit d’abord de la multiplication des capteurs capables de recueillir et de transmettre des données sur la pollution comme sur la circulation automobile ou le niveau de l’eau. Certains offrent des services spécifiques comme le ShotSpotter capable de détecter un coup de feu. Il est populaire dans les municipalités américaines ou chacun peut se promener armé. BigBelly pour sa part permet de compacter les ordures grâce à l’énergie solaire et de réduire le nombre de poubelles dans les rues.
  3. Intelligence artificielle - Les progrès de l’intelligence artificielle et l’apprentissage profond dont on parle beaucoup au niveau de son impact sur la traduction automatique ou le jeu de Go (article du Monde) nous concernent également dans la mesure où ils permettent de faire un meilleur usage des données captées. Elle commence à être utilisée par certaines villes. Copenhague, par exemple a des feux qui donnent la priorité aux cyclistes et aux bus. Elle sert aussi, couplée avec des caméras capables de reconnaître les individus, à assurer une plus grande sécurité ce qui en fait, bien entendu, une cible privilégiée pour les attaques virtuelles.
  4. Plateformes - Ces deux tendances poussent dans le sens d’un effort croissant en direction de la gestion des données au niveau de la ville toute entière, comme le fait Singapour par exemple, ou comme propose de le faire CityOS. Certaines entreprises proposent cette approche de type holistique comme la québécoise PGSolutions. Montréal a d’ailleurs été désignée comme ¨la ville la plus intelligente » par l’Intelligent Community Forum (ICF) parce qu’elle avait montré « l’usage impressionnant des technologies de l’information et de la communication à des fins de prospérité économique, de résolution des problèmes sociaux et d’amélioration de la qualité de vie ». Les villes françaises ont de plus en plus volontiers recours à des « plateformes ». C’est le cas, notamment de Lyon, Bordeaux ou Nice. Des efforts souvent vus avec un regard critique qui demandent « une politique des données débattue collectivement [pour ouvrir] la voie à une intelligence partagée, avec laquelle on pourrait travailler dans d’autres directions que celles, dominantes, des ‘technologies de contrôle’ ».
  5. Maisons intelligentes - Le CES de Las Vegas a montré une inflation de l’offre en matière de maisons intelligentes et connectées à laquelle Google et Amazon travaillent d’arrache-pied pour la bonne raison que ça leur donnera accès à des données essentielles sur nos consommations potentielles. Cela peut contribuer à l’effort pour rendre nos villes intelligentes. Reste à savoir si la demande suivra. On peut noter, pour illustrer la différence, le fait que la vidéo a plus de succès auprès des annonceurs que des utilisateurs. En attendant les nouvelles formes d’habitat se multiplient comme l’a montré Lisa Burek dans Le Monde.
  6. Mobilité intelligente - La smart mobility est plus faite de modifications des moyens de transport (hydrogène, voitures électriques, open data sur l’état du trafic des transports en commun, par exemple) et de réduction du besoin de se déplacer que de nouveaux véhicules autonomes. On en parle beaucoup en oubliant trop souvent que si la conduite assistée par ordinateur fait des progrès quotidiens, la voiture véritablement autonome ne devrait pas devenir importante dans nos villes avant plusieurs années… pour des raisons techniques mais surtout en raison des blocages juridiques et culturels.

Après ces quelques aperçus sur les technologies les plus importantes susceptibles d’avoir un impact sur l’évolution de nos villes, nous verrons dans un prochain billet comment elles sont affectées par les évolutions environnementales et sociétales.

A suivre…

Une version de ce billet a été publiée sur le site du Monde.fr le 20 janvier 2017.

Photo : Wikipedia Panorama de la ville de Montréal

 

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