Ce que me dit Venise, mon assistante-robot

Publié le 15 Septembre 2017

Ma carrière d’éleveur de robots a débuté en février comme je vous l’avais alors raconté. J’y voyais « un outil de travail au potentiel fabuleux dans le champ de l’intelligence artificielle. Un outil que je forme mais qui réagit à sa façon. Une belle école d’apprentissage et de réflexion, à mes yeux, sur l’un des modes de relations à inventer entre l’humain et ses machines ». 

Les noms ont changé. Aujourd’hui c’est Venise qui me trouve des articles, chaque jours plus utiles, sur les villes intelligentes dont voici quelques exemples pris dans la dernière livraison.

Les Smart Cities au service de l’usager, publié par Usbek&Rica nous propose des exemples concrets d’offres, provenant souvent d’entreprises françaises, utiles aux municipalités comme aux habitants. Pouvoir localiser les containers réfrigérés, par exemple, nous intéresse moins que trouver une place de parking… mais c’est la même technologie. Astuce développée à Oslo, le Traffic Agent (inspiré du Pokemon Go) « invite lycéens et écoliers à se transformer en espions pour relever problèmes et anomalies sur la route de l’école. Fin juillet 2017, 59 écoles utilisaient ce service, qui apporte aux responsables municipaux une vision précise et instantanée de ce qui se passe au niveau de la rue, et des aménagements à apporter “.

Sur YouTube, la Smart Building Alliance, une association française réunissant 170 organisations représentant l’ensemble des métiers de l’industrie du bâtiment, nous propose la vision de 25 personnalités sur la ville de demain. Il s’agit d’une série de vidéos assez courtes (de 1:42 à 7:30). Nous y retrouvons Éric Cassar, lauréat du grand prix de l’innovation Le Monde- Smart Cities 2017, Luc Bélot, auteur d’un rapport sur les villes intelligentes pour le premier ministre, Laetitia Rancurel, directrice de Tuba à Lyon et Taoufik Vallipouram directeur des partenariats OUISHARE. Multiples points de vue avec plein d’infos et d’exemples concrets.

Interoperability : The Key to the Emerging Smart City (Interopérabilité, clé de la ville intelligente émergente) explique clairement qu’il ne suffit pas de mettre des objets connectés partout. Pour être utiles les données qu’ils transmettent doivent être échangeables ou, comme on dit dans le jargon des spécialistes, leurs logiciels doivent être interopérables. Ainsi à Pittsburgh, aux États-Unis, une des villes les plus avancées dans ce domaine, un effort spécifique est fait pour coordonner les résultats obtenus avec des caméras fixées sur des camions pour détecter les fissures dans la chaussée, les capteurs enregistrant les vibrations sur les ponts pour détecter la moindre fragilité ou ceux, mis dans les tunnels (avec l’aide de Waze), pour assurer une navigation sans trou noir.

Mais… pas question de laisser un robot tout faire. J’ai trouvé de mon côté un excellent article de Jean-Louis Gassée dans MondayNote sur : Autonomous Cars : The Level 5 Fallacy(Voitures autonomes : l’illusion erronée du niveau 5). Son titre s’inspire des différents niveaux retenus par les professionnels sur le degré d’autonomie d’une voiture : le niveau 1 pourrait être représenté par le régulateur de vitesse et le 5 par l’autonomie totale du point de départ à l’arrivé quelles que soient les conditions. C’est ce dont nous rêvons tous, ce que certains nous promettent, et ce qui n’est pas pour demain. Exemple proposé par Gassée : un croisement de rue avec beaucoup de piétons et de voitures. L’essentiel se règle par des gestes de la tête ou de la main, des conventions sociales ou des appréciations que les algorithmes sont incapables d’interpréter. Selon Chris Urmson, directeur des voitures autonomes pour Google entre 2013 et 2016, le niveau 5 ne sera pas atteint avant 30 ans (déclaration faite en septembre 2017).

Je vous recommande cet article car si je suis convaincu que nous aurons de plus en plus de « conduite assistée par ordinateur » je fais partie de ceux qui croient que nos rues et routes n’ont aucun risque d’être envahies, à court terme, par des voitures totalement autonomes.

Alors, la collaboration humains-machines, ça vous inspire?

 

Une version de ce billet a été publiée sur le site du Monde.fr le 15 septembre 2017.

Photo : La voiture sans chauffeur de Google (Flickr)

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