Un des spectaclesles plus amusants de la conférence Future in Review organisée par Mark Anderson(voir ce billet) a été le dialogue entre Dan Gillmor, auteur de We the Media,et Dave Winer auteur du blog le plus ancien sur le web et inventeur du RSS.

Invités à parlerde la relation journalistes/blogueurs devant un parterre d’hommes (il y avaittrès peu de femmes) d’affaires, ils ont commencé par les banalités habituellesjusqu’à ce qu’Esther Dyson leur demande à qui incombait la responsabilité denous bien informer.

Pour Winer, »Ce sont les individus qui ont la responsabilité de s’informer. La sociétéy a renoncé au siècle dernier. Les « big medias » se sont retirés demanière unilatérale. La preuve: il n’y a plus rien à voir sur les journauxtélévisés. »

Gillmor aregretté qu’on ne forme pas les enfants au scepticisme.

Présent dans lasalle, Dan Farber, blogger de C|Net, a déclaré que « la distinction entreblogueurs et journalistes ne mène nulle part. C’est toujours une question deconfiance. Certains journalistes la méritent, certains blogueurs aussi. »

Pour Gillmor, « Lechoc de la technologie a un impact majeur sur le journalisme. Toutes lesparties prenantes sont secouées, mais la moins intéressante c’est celle desjournalistes eux-mêmes. » « Tout le monde peut utiliser les mêmesoutils et devrait se joindre à la conversation. » C’est ça la base dujournalisme citoyen auquel il travaille dans son nouveau Center for CitizenMedia.

Toujours calme etprécis, Gillmor conseille de commencer par des choses aussi faciles que publierune photo sur Flickr puis aller de l’avant quand on se sent à l’aise. Mais, lavrai difficulté est ailleurs, ajoute-t-il, « pour participer à uneconversation il faut commencer par écouter. Et là, les journalistes ontbeaucoup de mal. »

Winer est encoreplus violent avec la profession quand il dit que les journalistes citoyens »n’ont pas besoin d’entraînement. Ils ont simplement besoin des qualitésde base avec lesquelles nous sommes nés: l’honnêteté et l’intégrité. Les journalistescroient qu’ils font quelque chose de très spécial. C’est pas vrai. Ils secontentent de vous dire ce qu’ils croient qui s’est passé. » Ce à quoi DanGillmor a précisé qu’ils apprenaient quand même à cultiver quelques valeurscomme la précision (accuracy), l’étude à fond de leurs sujets (thoroughness),et la transparence (transparency).

A la fin de cetéchange passionnant quelqu’un a demandé comment faire pour avoir de bonnesinformations, pour trouver le meilleur blog, quelque chose qui ressemble à lavérité…

Dan a répété cequ’il dit souvent, qu’il veut « le New York Times et les blogs, c’est àdire la possibilité pour chacun d’apporter sa contribution dans un écosystème plussymbiotique et moins fondé sur la compétition. »

J’ai alorssuggéré que la solution n’était ni dans une prétendue vérité, ni dans larecherche d’un « meilleur blog » élusif mais dans la diversité tellequ’on peut l’obtenir avec un ensemble de RSS réunis sur une même page.

C’est alors queWiner que je trouve d’une arrogance effarante (mais avec qui il m’arrive d’êtred’accord… c’est énervant ça) a conclu en disant: « C’est ça. Je veux lacacophonie et le chaos. Ça nous offre une chance de forger notre propreopinion. »

[Photo prise par Dan Farber. Dan Gillmor est à gauche et Dave Winer à droite]

J’enquête, je suis et j’analyse les technologies de l’information et de la communication depuis la préhistoire (1994). Piqué par la curiosité et l’envie de comprendre ce que je sentais important,...