Je reprends iciune série de billets sur la digitalisation des livres écrits à partir d’unarticle publié dans le New York Times Magazine par Kevin Kelly, un des gourousde la cyberculture (voir ces billets: un, deux et trois). Un entretien avec BobStein, directeur de l’Institut pour le futur du livre permet d’aborder le problèmesous un double regard américain.

La thèse de Kellytient en une phrase qui sert de titre à son article: « Scan this book! »scannez ce livre! Tous les livres.

Sur ce pointStein est d’accord. « Je ne peux pas imaginer un argument contre » m’a-t-ildéclaré lors d’un entretien téléphonique. « Ne serait-ce que pace que çapermet d’effectuer des recherches sur le contenu. Imaginez quelqu’untravaillant sur la présidence de Truman en 1948. Elle pourrait trouver ce qui aété écrit sur le sujet dans tous les livres. Ça serait une aubaine pour lediscours intellectuel. »

L’obstacleprincipal tient aux lois de copyright (littéralement « droit decopie ») issues du monde des œuvres analogues. Dans son article, KevinKelly, explique que les protections d’hier sont étendues alors même qu’ellescessent d’être justifiées.

Au moyen âge,copier coûtait une fortune. Gutenberg a cassé les prix. Aujourd’huireproduction et transport sont pratiquement gratuits. Le monde change et leslois conçues au temps du livre analogue ont pour effet pratique d’interdire l’accèsà 75% de tous les livres jamais publiés: ceux qui, produits avant qu’auteurs etéditeurs aient recours aux ordinateurs, et ne sont pas encore dans le domainepublic.

Kelly croit en »un impératif moral de digitaliser » tous ces livres pour les rendreaccessibles à tous dans le monde entier. N’en déplaise à ces messieurs desmaisons d’édition.

Au lieu de poserle problème comme une bataille culturelle il le voit comme « un choc debusiness models. »

Pratiquementgratuites, les copies « ne sont plus la source de la richesse. Ce sont,maintenant, les relations, liens, connexions et la possibilité de partager. Lavaleur s’est déplacée de la copie vers toutes les façons que l’on a aujourd’huid’obtenir, annoter, personnaliser, éditer, authentifier, exposer, marquer,transférer et dialoguer avec une œuvre » Les maisons d’éditions saventexploiter l’un et les moteurs de recherche l’autre.

Mais làdiscussion ne s’arrête pas ici. Kelly fait confiance à Google alors que Stein yvoit une entreprise particulièrement dangereuse…

La suite trèsbientôt.

Mais avant, jesuis curieux de savoir qui n’est pas d’accord avec cette idée.

[Image trouvée sur FromOldBooks.org]

J’enquête, je suis et j’analyse les technologies de l’information et de la communication depuis la préhistoire (1994). Piqué par la curiosité et l’envie de comprendre ce que je sentais important,...