Je reviens dedeux jours à San Diego où j’ai assisté à l’essentiel de la conférence Future inReview organisée chaque année par Mark Anderson.

Parmi les sujetsà retenir (il y en a plusieurs sur lesquels je reviendrai dans mes prochainsbillets), j’ai été frappé par les émotions que suscitent les robots. Patron deiRobot, une boîte qui fabrique des robots pour militaires et pour intérieursbourgeois, Colin Angle est bien placé pour avoir des idées sur le sujet.

Les deux vedettesde son service domestique sont Roomba et Scooba conçus l’un pour passerl’aspirateur et l’autre la serpillère (voir ce billet). On finit par s’yattacher.

Lorsqu’unappareil cesse de fonctionner, son service après-vente tend à demander auclient de renvoyer l’appareil comme c’est la coutume aux États-Unis. Certainss’y refusent tout net en alléguant que « vous allez m’en envoyer un autreet il ne sera pas le même. » Difficile de leur faire comprendre qu’ils’agit d’une machine.

En Irak, lesrobots militaires sont en général pilotés à distance par des humains. Colinraconte qu’un jour le soldat chargé de l’un d’entre eux, qu’il avait baptiséScoobidoo, n’a pas supporté de le voir à moitié détruit par une bombe. Enpleurs, il est allé ramasser les morceaux et les a rapportés aux ingénieurs enles pressant de lui redonner vie.

Outre le marchémilitaire, en pleine croissance comme on l’imagine sans peine, iRobot parie surles personnes âgées. « Les robots peuvent réduire le conflit entre laréduction de notre capacité à prendre soin des seniors et l’augmentation de leurnombre, » estime-t-il.

Angle n’est passûr qu’un robot soit « presque comme une personne » mais il constatequ’ils entraînent immanquablement des réactions émotionnelles très fortes: »Il est difficile de bavarder avec sa machine à laver la vaisselle ou avecson frigo, mais avec un robot, on peut. »

Les progrès de latechnologie rendront bientôt possible de leur transmettre certaines émotions(quand ils pourront mieux reconnaître les nuances de la voix ou les changementsd’expression du visage). Ça risque d’avoir l’air un peu bizarre.

Même pour lui, ily a une limite: « Quand les robots commenceront à se parler entre eux parcequ’ils se sentent seuls, ça risque d’être assez pour moi. »

Et pour vous?

J’enquête, je suis et j’analyse les technologies de l’information et de la communication depuis la préhistoire (1994). Piqué par la curiosité et l’envie de comprendre ce que je sentais important,...