Pour la premièrefois depuis très longtemps, les États-Unis ont fait attention au 1ermai, une date que d’habitude ils ignorent. Nous devons cela au fait que lesLatinos avaient appelé à un boycott général pour protester contre ledurcissement des lois sur l’immigration.

Des millions degens (au total) ont défilé dans les rues, ne sont pas allé au travail et sesont abstenus d’acheter, de consommer.

Les bilansmitigés ne manqueront pas, mais on ne peut qu’être surpris par la force d’unmouvement qui n’a pas de leader, pas de stratégie apparente et donc, pas dedirection claire.

C’est cette absencede leaders qui m’intéresse.

Il n’y a niMartin Luther King, ni Cesar Chavez, ces dirigeants qui avaient en leur tempsjoué un rôle déterminant dans l’avancée du mouvement des Droits civiques etdans celui des Chicanos.

Un dirigeant charismatiqueétait alors indispensable. Il attirait l’attention des médias, servait de pointde référence, diffusait les mots d’ordre et s’assurait, par ses discours,qu’ils portent loin.

Ils sont moinsnécessaires aujourd’hui. C’est à la fois une question de culture et detechnologie. La mobilisation s’est faite largement grâce aux radios et auxtélés hispanos, très nombreuses. Mais les réseaux sociaux (associations,églises, groupes de solidarités etc.) ont joué un rôle considérable. Ilspeuvent maintenant coordonner leurs actions et s’informer l’un l’autre sur cequi se passe ailleurs grâce à l’internet.

C’est peut-êtrecela qui est en question dans les formes d’expressions politiques quepermettent les technologies de l’information et de la communication. Elles contribuentà l’efficacité des réseaux et, pour les spécialistes que sont John Arquilla etDavid Ronfeldt, l’absence de chef peut même être une source de force.

[Photo trouvée sur Flickr et prise à Los Angeles par un photographe qui signe hexod.us]

J’enquête, je suis et j’analyse les technologies de l’information et de la communication depuis la préhistoire (1994). Piqué par la curiosité et l’envie de comprendre ce que je sentais important,...