L’architecture departicipation implicite dans Web 2.0 dont j’ai parlé vendredi dernier a de quoiintéresser les activistes… et les hommes d’affaires. (Avec ce billet je finisma série sur Web 2.0, voir ici. Il y en aura d’autres, bien sûr, mais de façondiscontinue.)

Le business n’arien contre la participation des consommateurs. Au contraire.

Le succès deGoogle comme moteur de recherche tient à l’utilisation des liens établis pard’autres entre eux. La croissance d’eBay se doit strictement à l’interactivitéentre les usagers. Amazon vend des produits qu’on peut trouver ailleurs, mais comptesur sa véritable « science » de la participation des consommateursqu’elle sait susciter mieux que beaucoup d’autres.

Il en va de mêmepour la publicité. Au lieu de chercher des accords avec les sites les plusimportants comme on faisait du temps du Web 1.0, Google permet à chacun de venirse servir sur son site. Conséquence essentielle, au lieu de limiter la pub auxgros, on la retrouve sur des sites peu connus. Ça permet de rentabiliser la« longue queue », la multiplicité des petits qui, pris ensemble sontune source de revenus appréciables.

Tous ces sites,toutes ces applications gèrent des quantités considérables de données… que nousleur fournissons. A un tel point qu’O’Reilly suggère (dans un autre texte) deles qualifier de infoware au lieu de software. Définition: « le softwaretraditionnel insère des petites quantités d’information dans un gros paquet de software;infoware insère de petites quantités de software dans un gros paquetd’informations. »

Pour conclure, jevoudrais synthétiser ces billets autour de deux idées simples. Selon PaulGraham, essayiste et programmeur, les fils communs à tous les points abordéssont « la nature inhérente au web qui émerge de dessous les modèles brisésqui avaient été imposés pendant la bulle ».

Pour leconsultant Ken Yarmosh, c’est encore plus clairement : « une tentative pourconstruire le web autour des gens et non pas autour de la technologie ».

Retour auxsources, ouvertures sur les gens. Ça semble marcher. L’effervescence est denouveau perceptible dans Silicon Valley (voir ce billet). Mais aujourd’hui lesprojets à succès sont lancés par des entrepreneurs de moins de 30 ans. Seulsceux qui ont connu l’internet au berceau semblent capables d’opérer cettetransition attendue ver le web tel qu’il est et non plus en fonction de modèlesayant fait leurs preuves ailleurs.

D’une certainefaçon, Web 2.0 est peut-être l’équivalent pour le web de ce qui s’est passédans les années soixante quand on est enfin passé de la radio avec images à lavraie télévision. Il était temps.

 

J’enquête, je suis et j’analyse les technologies de l’information et de la communication depuis la préhistoire (1994). Piqué par la curiosité et l’envie de comprendre ce que je sentais important,...